Présentation

Le 5 juillet 2008

Jeudi 9 avril 2009 4 09 /04 /Avr /2009 04:42
Aujourd'hui, il fait un temps de chiotte sur New York. C'est pas pour être grossière, mais de la neige, en avril, quand même, y'a d'l'abus. Enfin, je dis de la neige, n'allez pas imaginer une tempête déchaînée comme aux premiers jours de février, hein, c'était plutôt des micro-flocons. Mais c'est pour le principe: zut, enfin quoi, je vais les mettre quand mes robes de japonaise?

Vous me direz: mais que faisais tu dehors au lieu de travailler (feignasse)? C'est que ce matin, j'avais rendez-vous avec Tina, qui partage son temps de travail entre le Met et les Cloisters. Là, j'entends les incultes dire: quoi? Les Clusters (de Nestlé)? Elle est dans la céréale, maintenant? Eh bien non, les Cloisters sont une section du Metropolitan consacrée à l'art médiéval, et comme on s'en doute, les églises, les abbayes, et les cloitres (d'où le nom).



Cet endroit extraordinaire, bâti dans les années 30 (de notre siècle, hein), abrite des portions de quatre cloitres arrachés à la mère patrie, à savoir Saint Michel de Cuxa, Saint Guilhem le Désert, Bonnefont en Comminges, Trie en Bigorre, et Froville (des noms qui sentent le terroir). D'ailleurs, à ce sujet, quiconque a lu "Le club des cinq et le coffre aux merveilles" a en mémoire la description à peine chauvine des vilains américains vulgaires qui volent les précieux monuments de la vieille Europe, je vous conseille à tous la lecture de ce chef d'oeuvre immortel d'Enid Blyton.
Pour en revenir à notre sujet, j'ai vraiment adoré, d'abord parce que le musée est situé au milieu d'un parc lui même à l'extrémité nord de l'île de Manhattan, coincé entre l'Hudson et l'East River, et que la marche d'approche réveille des instincts de moine solitaire; ensuite, parce qu'il dégage vraiment une ambiance très particulière, et en plus le matin, quand la foule des sales touristes (rôôô) n'est pas encore arrivée, on a le musée et ses mille trésors pour soi.






























Et donc, j'avais rendez vous avec Tina, la bibliothécaire, qui m'a présenté son fellow librarian (la bibliothèque est petite, donc ils ne sont que deux) et nous avons fait le tour du musée. Dans les salles, bien sûr, où j'ai pu repérer une spendide cage d'escalier en bois sculpté piqué à Abbeville, la tapisserie de la chasse à la licorne et une annonciation pas piquée des vers, mais aussi dans les coulisses de l'institution. Et c'est là que j'ai su: je veux, plus tard, être conservateur des Cloisters. Quoi, me dites vous, mais toi qui aimais tant l'art romain, te voilà à fond dans le médiéval (gourde)? Non, mais c'est juste qu'on a pu visiter le bureau du directeur, dans la tour, là,

















au dernier étage, et qu'il doit bien avoir 50m2 de bureau, bien chauffés, avec vue sur les deux fleuves, et notamment la rive d'en face qui avait été achetée par Rockefeller (un des mécènes du musée) pour justement avoir une belle vue. C'est original, non? "J'achète un terrain, mais j'achète aussi tous les terrains dans un rayon de 300 km, comme ça je suis sûr d'avoir une belle vue pour toujours..." J'en parlerai à mon cheval, quand je louerai mon prochain trou à rats. Enfin, trève d'envies futiles, sachez juste que si vous allez à New York, il faut passer par les Cloisters.

Ensuite, je suis retournée à la maison mère (le Met) pour déjeuner et remplir mes tâches quotidiennes. Aujourd'hui, avec Evalyn, on s'est bien marrées à réparer des notices de livres anciens en latin et en français, on s'amuse d'un rien. Sinon, j'ai aussi re-vérifié tous les livres auparavant passés en revue par une volunteer, parce que Holly n'avait pas confiance (!). Voilà un travail utile: refaire le travail de quelqu'un d'autre (ceci dit, effectivement, la vieille en question - car les volontaires sont souvent des vieux - avait fait pas mal de boulettes). Le truc qui me fait flipper, c'est de penser que, peut-être, Holly fait aussi vérifier mon travail par une tierce personne, qui elle même.., bref, un peu la version moderne du mythe de Sisyphe (rappelons que Camus, dans son essai le Mythe de Sisyphe, qualifie ce dernier "d'ultime héros absurde" ce qui finalement n'est pas loin de la condition de tout bibliothécaire qui se respecte.)

Après cet encart mythologique et hautement philosophique (quand je vous disais que mon blog allait passer à la postérité), je tiens à vous raconter ma soirée qui justifie à elle seule le titre de ce bel article.

Vous n'êtes sans doute pas sans vous rappeler que demain, je fais une petite soirée en l'honneur de moi-même et que j'ai invité tous ceux de la bibliothèque qui seraient motivés pour venir. On devrait être une quinzaine. J'ai décidé de me craquer et de préparer de la bouffe, pour les éblouir avec mes talents multiples et rester à la hauteur de ma réputation de Française.
J'ai donc prévu trois plats très nouvelle cuisine: un cake chèvre noix raisins, une salade de pâtes, et un crumble aux pommes. Là dessus, je vais faire les courses.
Alors déjà, je change de supermarché parce que j'aime l'aventure. Je me rends donc à l'Amish Market (?) et je tente de remplir mon panier. Farine, farine, où est la farine? Ah, et il me faut aussi de la levure.. Tiens? ça doit être ce petit paquet amusant. Et puis des noix aussi. QUOI? 5 $ les 10 pauvres noix? Je vais les remplacer par des Corn Flakes. Du fromage de chèvre... gargl, au prix de l'or. Allons, cette feta pasteurisée fera bien l'affaire. Etc.



Munie de mes précieuses provisions, je rentre et, pendant que Claire et Bruno vont voir le Fantôme de l'Opéra (ils vous raconteront), je me lance dans la confection de mes plats.
La recette, pas de problème: je l'ai imprimée sur Marmiton. Mmm.. Où est la balance? Crotte, ma proprio n'a qu'un verre doseur.. Et bien sûr, il est en Oz et en Pound (crétins d'anglais). C'est pas grave, ah! ah, je vais faire au pif. Alors donc, la farine (spatch), les oeufs, le lait, un reste de gruyère, la feta sans goût, et la levure.. Tiens? Elle n'est pas blanche.. c'est marrant, ça me fait penser à.. Zut! De la levure de boulanger! C'est pas grave, ça va marcher quand même! Je rajoute les raisins et je vais laisser gonfler la pâte sur le radiateur. Pendant ce temps, je peux faire cuire les oeufs durs (et les pâtes à la Boudoni) et éplucher mes pommes (pour le crumble de demain, je les mettrai dans un tupperware. Faut dire que je travaille jusqu'à 17h et qu'ils vont arriver à 18h30. M'enfin.)
Quand je reviens voir ma pâte, qui était dans la pièce tropicale, elle a gonflé et avalé la fourchette. Je dois libérer l'ustensile et mettre le tout dans un moule à cake.. Mais où est-il, ce moule? Le temps de faire descendre un moule en fonte du haut d'un placard, je me rends compte que le moule en verre est plus adapté à mon cake-brioche. Je mets le four sur 570 (ben oui, c'est des Farenheit, donc on met ce qu'on veut, on s'en fout) et la chose dans le four.

30 minutes après (ça cuit vite.. 570 ça doit être fort), vous me croyez ou pas, mais le cake a presque une bonne gueule. C'est fou. Et pour être sûre qu'elle est bien réussie, ma gerboulade, c'est mes amis qui goûtent chaque cake!

Mère cracra : les bons produits comme à l'ancienne































Par Clarisse et David
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Mardi 7 avril 2009 2 07 /04 /Avr /2009 04:46
Aujourd'hui, j'ai vu que des gens, de vrais amis, laissaient des commentaires pour me montrer leur amour. Qu'ils en soient ici solennellement remerciés et je déclare: en vérité, ces gens-là siègeront à ma droite lors de la crêpe party...
Du coup, prise par l'émotion, je décide de vous faire une petite update de ma vie, qui passe en ce moment à cent à l'heure. Et oui, non seulement c'est la dernière semaine mais en plus je la partage avec Claire et Bruno, amis blondinets que j'ai expédiés ce soir chez Rosa Mexicano, le restaurant mexicain lounge (prononcer LAounge, comme Gad Elmaleh) pour un dîner en amoureux tandis que je partais faire ma dernière séance de gym américaine. Vous me direz, un restaurant mexicano-lounge, ça paraît étrange mais je l'avais déjà testé et il est très très bon, notamment le guacamole mais peut être que je me répète, j'ai la flemme de vérifier les autres posts pour savoir si j'ai raconté ma soirée là-bas.

Ne nous égarons donc pas dans les digressions culinaires et venons-en à l'essentiel: mais qui sont ces amis? Quand sont ils arrivés? Et que font ils donc de nouveau avec Martine dans la capitale du monde?



Première chose. Pour imaginer Claire et Bruno, représentez vous, comme dans les dessins animés, un petit nuage noir et pluvieux flottant au dessus de leurs têtes dorées, et qui les suivrait partout (notamment lorsqu'ils prennent l'avion). Eh ben, vous y êtes. Je les attendais jeudi, autour de 16h, au musée où nous nous étions donné rendez-vous. Leur avion devait arriver à l'aéroport de JFK à 13h20; A 17h, toujours pas de nouvelles. Il faut dire qu'ils devaient m'appeler mais que mon portable ne captait pas dans le musée, ce qui est peu pratique pour communiquer. Angoissée, je me rends à l'appartement en me disant qu'ils m'y attendent peut être: point de valises devant la porte ni de voyageurs fatigués.
Pourquoi cette absence mystérieuse? Je vous réponds là, parce que vous êtes impatients, mais je ne l'ai appris que le soir à minuit.




Tout a commencé en France, où une panne géante d'électricité a stoppé les lignes de RER, notamment celle qui dessert l'aéroport Charles de Gaulle. Panique dans le convoi: les gens sortent pour prendre les bus qui y conduisent. TOUS les gens. Conséquence logique: les bus sont bondés. Ils commencent à éviter les files immenses qui se forment aux arrêts en passant par des rues parallèles. Les gens se battent pour des taxis. Après une attente angoissée, Claire et Bruno arrivent à partager un taxi avec une dame qui s'est souvenue (après seulement une heure de réflexion) qu'elle pouvait avoir des taxis par son boulot. Le taxi fonce vers l'aéroport.. Où ils arrivent juste à temps pour rater l'embarquement. Rien ne fléchit la volonté bornée des employés de CDG. L'heure, c'est l'heure. Claire et Bruno rachètent donc des tickets au cours de l'or (oui, j'en rajoute pour le côté dramatique) pour un avion qui passe par Chicago. Et là, je ne me souviens plus si les deux heures de retard en plus sont au décollage de CDG ou de Chicago, mais toujours est-ils qu'ils arrivent épuisés à 22h à la Guardia, et vers 23h30 chez moi. Le truc cool, c'est qu'au retour, je prends l'avion en même temps qu'eux.




Il a dit: "fille à oeil rond arriver dans village et tout flamber"... AAAAAAH! AAAAAAH!































Le vendredi, je les ai laissés récupérer et c'est le week end où nous avons fait des trucs vraiment chouettes.
D'abord, le samedi, nous avons décidé de visiter le MOMA, mais pas avant d'être passés par la librairie française dont je leur avais prédit monts et merveilles. Du coup, on a passé une petite heure dans la cave à éplucher les différents bouquins et je suis ressortie avec un Voltaire du XVIIIe siècle et Claire avec deux volumes XIXe.
Après, direction le MOMA (je précise car je vous prends ouvertement pour des débiles: le Museum of Modern Art). Et alors là, spéciale dédicace pour Marie (Allevard): c'est pas pour retourner le couteau dans la plaie, mais c'est là que se trouvent tous les Vuillard, Seurat, Gaughin, Matisse (des tonnes de Matisse), les Picasso, et j'en passe et des meilleures. Allez, c'est pas grave, c'était bien aussi la machine volante à pondre des livres du Guggenheim.. Et puis, vous reviendrez (lors de mon 2e stage, celui de conservateur de musée, en 2017).



Enfin bref, une bonne visite, et un superbe musée. Je le classe en deuxième derrière le Met, qui reste mon favori (mais je ne suis pas très impartiale).

Après tant de culture, il fallait faire des choses bêtes: nous avons donc enchaîné sur quelques heures de shopping, qui se sont terminées dans une boutique extrêmement originale, qu'on ne trouve qu'à New York: H&M, où pour ma part j'ai acheté une pièce de créateur d'une coupe osée: un T-shirt blanc à 7 dollars. Wouhou.





Passe moi ton vert à lèvres...(les connaisseurs savent la suite)






Le lendemain, il faisait un temps splendide. C'est là que vous allez voir nos capacités d'improvisation. On était partis pour une visite de Brooklyn, une traversée du pont, et un petit tour dans le West village, quand tout à coup une intuition fulgurante nous dit de suivre la ligne A jusqu'au bout et de descendre à Broad Channel, loin, loin, au milieu de Jamaica Bay. Il y a en effet là une réserve naturelle où passent les oiseaux migrateurs, pas loin de l'aéroport (est-ce bien sage?) mais on y trouve des plages, des oies, des sentiers forestiers et une sorte de petit village qui nous ferait nous croire au milieu de la campagne alors que nous sommes toujours dans New York (techniquement, Brooklyn).
Un petit passage dans le Déli local pour acheter des sandwiches géants, des cookies et du coca, et notre après-midi a été on ne peut plus champêtre, et pleine d'oies sauvages (d'où le titre de mon post, je ne suis pas folle vous savez).

























Ca donne envie de faire une promenade parmi les mouettes, style Lelouch


















Derrière les marais, les buildings...






















Géographiquement, voilà le concept (une route, des maisons, la baie)




















N'est ce pas follement dépaysant, ces petites maisons de poupée sur pilotis?





Et bien sûr nos amies les oies

Nous avons consacré le soleil couchant à la visite des piers de Manhattan et du West village, mais ça, vous avez déjà vu trente six fois les photos, donc ça va bien, hein.

Et alors? Qui dit mieux? La plage et les oies sauvages, de Paris, en métro? Hein? Quand même, ils sont forts ces New-Yorkais.
Par Clarisse et David
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Jeudi 2 avril 2009 4 02 /04 /Avr /2009 02:55
Eh oui, c'est pas pour dire mais j'ai pas l'impression que mon absence vous navre outre mesure.. Rien, pas un mot d'angoisse, un "reviendra-t-elle", quelques larmes dans vos yeux.. Enfin, tel le pélican, qui se sacrifie pour nourrir ses (ingrats) enfants, je continue mon blog car sans doute en ferai-je une version papier à mon retour qui enregistrera pour toujours dans les annales de l'humanité mon séjour aux Etats-Unis.

Je suis bien lyrique en ce moment: c'est l'émotion sans doute, car le retour approche à grands pas et nous devenons tous très sensibles à la bibliothèque. On se fait des hugs, on se dit qu'on va se manquer, on se fait des promesses d'amitié -bibliothécaire- éternelle, j'adore les Américains. Je n'ai plus un déjeuner de libre, tout le monde se bat pour m'inviter (quelle popularité) et je reçois des tas de cadeaux. Les derniers en date: un livre de cuisine fait spécialement par le personnel de la bibliothèque (tout le monde a donné une recette, mais ça va pas être pratique, c'est des mesures américaines) et une bougie en forme de livre (n'oublions pas où nous sommes).














MON CADEAU

















 De mon côté, j'ai fabriqué un splendide calendrier révolutionnaire (digne de la grande section de maternelle) pour Evalyn qui est en plein trip Germinal, Fructidor, citoyen etc, et il faudrait que je trouve un autre cadeau bien français, ou du moins qui leur rappelle l'extraordinaire stagiaire qu'ils ont eue durant deux mois et demi (une perruque rousse, peut être).

Enfin bref. Donc aujourd'hui, c'était le dernier jour avec Emmanuel avant d'accueillir demain mes amis Claire et Bruno (finalement je vais peut être laisser tomber conservateur pour ouvrir une auberge de jeunesse). A la bibliothèque, je me suis éclatée à cataloguer de nouveaux catalogues de L'Espace Tajan (une galerie parisienne, rue des Mathurins) puis à continuer mon catalogage des livres du XVIIIe siècle, format 2mx3m, 10kgs, pratique pour lire dans son lit. A midi, Barbara avait invité en mon honneur toute l'équipe des acquisitions dans son appartement très cosy avec terrasse, et deux messieurs à l'entrée qui font rien que ouvrir la porte et signaler notre arrivée. Quel beau métier.

Mais revenons un peu en arrière. Qu'avons nous fait depuis ce vendredi où Emmanuel a débarqué de sa lointaine campagne? Le samedi, il faisait très beau. Alors, on est allés se promener dans Central Park, où on a fait de la balançoire comme deux grands débiles (oui mais on était pas les seuls). Dans le parc, les bourgeons sortent, et les premiers arbres les plus courageux font leurs fleurs:








Rôôôôôôô










L'après-midi, on est allés se promener dans le Village (après l'inévitable pizza chez Lombardi), et Emmanuel a pu, à son tour, faire le Sex and the city Tour. Oh, à propos, rien à voir, mais j'ai croisé ma troisième star (enfin, on va dire acteur) lundi soir en revenant de la gym: Jeff Goldblum, le scientifique de Jurassic Park. Il n'avait pas de dinosaure avec lui, désolée Nicolas.

Le lendemain, grosse aventure: One day to Washington. On part le matin, en bus, avec Oleg, mon collègue russe chargé du réseau.



















A la japonaise

C'est quatre heures de route, quand même, et en fait, c'est vachement plus dans le sud que ce que je pensais. Du coup, il fait vraiment plus chaud, et inspirée par une intuition divine, j'avais mis des collants de laine et un col roulé noir quand tout le monde était en short et en tongs. Au moins, on va dire que j'avais l'air digne.

Que dire de Washington? La ville a été construite selon un plan d'urbanisme programmé, avec l'ambition d'en faire un second Paris. D'ailleurs, l'urbaniste est français, Pierre Charles L'Enfant (avec un nom pareil..)
Du coup, il s'est fait plaisir avec le néo-classique impressionnant, les larges avenues et le National Mall, le grand parc avec le capitole à un bout, le Lincoln Memorial à l'autre, le lac et l'obélisque au milieu.



J'avais également pris des ballerines (tout aussi adaptées)

























Obama est caché derrière une fleur: le trouverez vous?






















Assise sur les marches du mémorial par 24°, en collants de laine et en bottes de pluie (méééé, la météo avait dit qu'il y aurait un orage), j'ai furieusement pensé à Forrest Gump et à Martin Luther King. J'y peux rien, c'est les premières images qui me sont venues.
























Et pour le fun:











Le soir, on était bien vannés: mine de rien, le parc géant fait au moins 5km de long et puis il faut aussi se remonter tout midtown pour arriver jusqu'au parking d'où partait le bus, à 19h. On a cherché un supermarché, pour s'acheter des fruits et à dîner pour le soir, mais après avoir erré pendant une heure (et ce n'est pas une expression) à ratisser les rues et à demander aux gens, la vérité est apparue dans toute sa splendeur: ici, on ne mange pas. En tout cas pas de fruits. En matière de cochonneries, sinon, il y avait tout ce qu'on voulait, surtout vers Chinatown qui est la partie la plus animée downtown. Tout le reste nous a paru assez froid, et en comparaison de New York, Washington reste trop austère, classique, et gouvernementaie. Enfin, je dis ça, je n'y ai passé que 6 heures, il faudrait aussi visiter les autres parties de la ville. D'ailleurs, le bus en repartant vers NY passe par de charmantes petites rues avec des maisons de Mickey: rien n'est perdu.




















Après, les lundi et mardi, tandis que je travaillais d'arrache pied à sauver le monde, Emmanuel visitait des coins de New York et s'achetait des jeans, je vous renvoie donc à lui pour plus de détails.
Sur ce, je vous laisse les yeux pleins de rêve et vous dis à bientôt (peut être pas dans la seconde parce qu'avec l'arrivée de Claire et Bruno, je vais certainement être encore bien occupée.)


See you later, alligator (argot qui pue, enseigné par Mike)
Par Clarisse et David
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Vendredi 27 mars 2009 5 27 /03 /Mars /2009 03:55
Euuuuuh.. Il est 22h55, il fait 3000°c dans la pièce, et j'ai passé la soirée à regarder des vidéos de gym et des Inconnus. Pourquoi des Inconnus? C'est un long enchaînement de faits. En fait, j'ai terminé Vanity Fair et comme il fallait bien que je trouve quelque chose à lire, je suis allée dans une librairie qui vend des vieux livres usés avec des taches suspectes mais vachement moins chers! Et donc, pour le prix d'un livre, je m'en suis pris quatre portant sur des sujets divers et variés: la dure vie des pionniers américains (non, ce n'est pas la Petite Maison dans la Prairie mais O, Pioneer et je crois que c'est un classique), la dure vie de Jésus (je ne vire pas intégriste, j'ai juste acheté La dernière tentation du Christ qui avait une couverture sulfureuse à souhait), une histoire plus légère et girly nommée Le divorce et un petit Conan Doyle pour garder un lien avec les brumes anglaises. Comme j'ai commencé directement par la dernière tentation, la transition est rude depuis les vertes collines du Derbyshire. Ceci dit, je n'ai pas de mal à m'imaginer l'ambiance étouffante de la Galilée vu que mon chauffage, bloqué à son niveau le plus haut, me fait suer à grosses gouttes (moi qui ai toujours froid partout). Je dors fenêtre ouverte, c'est dire.

Et donc, lisant ce livre un peu exalté mais plutôt bien écrit, me vient l'envie de voir à quoi ressemble l'adaptation de Scorsese avec Wilhelm Dafoe sur Youtube. Eh ben, maintenant, c'est foutu, à chaque fois que je regarde un film de ce genre, je ne peux pas m'empêcher de rigoler quand on voit Jesus marcher avec ses disciples, je m'attends toujours à ce qu'il dise "Allez voir là haut si j'y suis... Et, ils y allèrent". Et du coup, je suis allée revoir Jésus II des Inconnus et je me permets de vous mettre les vidéos parce que quand même, qu'est ce qu'on rigole. Je vous mets les deux pour comparer.

Alors le premier, avec bonne musique pour vos soirées orientales:




Et le 2e, dont on ne se lasse pas



Tout ça pour dire que je n'ai pas le temps de faire un vrai post et comme en plus demain j'accueille mon cher beau-frère Emmanuel, et qu'on va aller à Washington ce week-end, les posts risquent d'être un peu faibles.. Je reprends en début de semaine prochaine, promis.

Et n'oubliez pas: 50% homme, 50% dieu, 100% sauveur.
Par Clarisse et David
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Mercredi 25 mars 2009 3 25 /03 /Mars /2009 02:46


Petit sondage: que pensez vous de cette vidéo? Aimeriez vous avoir de bons amis comme ceux que se fait Joe à son arrivée à New York?
Quand j'ai regardé ce film pour la première fois, il y a quelques années, j'ai ri. Et bien, je mangeais mon pain blanc..

Voilà toute l'histoire.
En fait, hier soir, j'avais une soirée chez Evalyn. Cette fois, c'était soirée Chili: après une dégustation de différents champignons (la dernière fois, c'était des pommes), nous avons pu nous régaler d'un très bon chili fait par Evalyn, avec des tas de trucs à mettre dedans (avocat, cheddar, sour cream, tortillas, tomates, chipotle sauce, et j'en passe). On était quatre, et c'était super sympa. Vers 23h30, nous quittons l'appartement et je rentre chez moi, dans la bise glacée (les températures ont à nouveau chuté, c'est insupportable).
J'arrive, il est minuit, et je n'ai qu'une envie: me mettre au lit avec mon bouquin. Je passe néanmoins par la salle de bains et, alors que je me brosse les dents, je crois remarquer un mouvement sur mon carrelage immaculé.. Je tourne nonchalamment la tête et je vois.. je vois.. Un cafard géant! Je manque d'en avaler ma brosse à dents d'horreur. Même en Tunisie, avec l'épisode de la famille Blatte dans la chambre d'hôtel, je n'ai jamais rien vu d'aussi laid, ni d'aussi gros. Après vérification, j'ai eu la chance de rencontrer un très intéressant spécimen de cafard américain, taille moyenne: 5 cm. On rajoute les pattes, façon faucheux, et les antennes, et on a un truc immonde et énorme qui galope en plus a toute vitesse parce qu'il a vite compris qu'entre lui et moi, ça ne passerait pas.

Une grande coulée de dentifrice va de ma bouche à mon pyjama. Que faire? Mes très intéressants cours de l'enssib m'ont appris qu'il ne faut pas écraser un cafard (oui, car les cafards adooooorent la colle des livres donc on peut en trouver dans les bibliothèques) parce que si on a le malheur de tomber sur une femelle pleine d'oeufs, le lendemain c'est la nursery dans la baraque avec des milliers de petits cafards orphelins et vengeurs.
Je poursuis la bestiole en réfléchissant. Mes yeux égarés scannent la pièce à la recherche d'un piège à cafard géant. je pense d'abord à un bol: le retourner sur le cafard, et le laisser crever le temps qu'il faudra. Oui, mais s'il pond en dessous? Hein? Et quand je soulève le bol 10 jours après, 1000 cafards sortent dans tous les sens.. Vision d'horreur. Là dessus, j'avise le sac vide qui contenait la litière du chat. Je m'en saisis et tente de forcer le cafard à rentrer dedans. mais il se méfie, le bougre! Il sent l'embrouille. Il se cache sous le radiateur. Je m'accroupis devant et je patiente (et je comprends enfin ce que faisait le chat pendant de longues heures sous le radiateur. Brave bête.. Pourquoi est elle partie?).

1 minute après, le cafard juge que sa diversion habile a marché. Il sort à toute vitesse de sous le radiateur. Je dégaine mon sac: il tombe dans le piège. Je referme le sac et m'acharne dessus. Puis je sors en culotte dans le couloir balancer le tout dans le vide ordure (avec un sentiment de culpabilité: s'il n'est pas mort, j'infeste tout l'immeuble. Mais je ne peux pas rester avec le sac dans l'appartement).



La nuit a été rude pour Martine (à la place des fantômes, mettez des cafards)





















ET ce soir, en rentrant, qui m'attend dans l'appartement? Non, pas le cafard revenu du pays de la poubelle magique mais un charmant petit mot du syndic m'informant qu'il y a une épidémie de cafards dans Midtown (chouette) et qu'il est avéré que l'immeuble d'à côté est tout contaminé. Les cochons! Je sais maintenant d'où venait mon cafard: c'était un scout envoyé par les autres pour savoir si l'herbe (ou le détritus) était plus verte chez moi! Autant dire que j'ai fait un nettoyage à fond de l'appart et que je ne laisse trainer aucune miette de nourriture. Normalement, l'exterminator devrait passer début avril... Ah comme elles me manquent, les petites blattes européennes ridicules.. Ou les faucheux.. Ou même les souris.

Bon, et sinon, je viens de recevoir un mail de Maxime, qui a des potes ingénieurs, et font des petites démo totalement débiles mais réjouissantes: je me permets de faire un copier-coller pour vous en faire profiter. Je ne connais pas l'auteur, mais je lui rends ici hommage. J'aime bien le côté logique implacable et absurde de la démonstration, et particulièrement le coup des Rennes flambés (quelqu'un a déjà essayé?)






































"Il y a approximativement deux milliards d'enfants (moins de 18 ans) sur Terre. Cependant, comme le père Noël ne visite pas les enfants Musulmans, Hindous Juifs ou Bouddhistes (sauf peut-être au Japon), ceci réduit la charge de travail pour la nuit de Noël a 15% du total, soit 378 millions. En comptant une moyenne de 3.5 enfants par foyer, cela revient a 108 millions de maisons, 54 millions en présumant que chacune comprend au moins un enfant sage.

Le Père Noël dispose d'environ 31 heures de labeur dans la nuit de Noël, grâce aux différents fuseaux horaires et a la rotation de la Terre, dans l'hypothèse qu'il voyage d'Est en Ouest, ce qui parait d'ailleurs logique. Cela revient a 967,7 visites par seconde. Cela signifie que pour chaque foyer Chrétien contenant au moins un enfant sage, le Père Noël dispose d'environ un millième de seconde pour parquer le traîneau, sauter en dehors, dégringoler dans la cheminée, remplir les chaussettes, distribuer le reste des présents au pied du sapin, déguster les quelques friandises laissées a son intention, regrimper dans la cheminée, enfourcher le traîneau et passer a la maison suivante.

En supposant que chacun de ces 108 millions d'arrêts sont distribues uniformément a la surface de la Terre (hypothèse que nous savons fausse, bien sur, mais que nous accepterons en première approximation),nous devrons compter sur environ 1,4 kilomètres par trajet. Ceci signifie un voyage total de plus de 150 millions de kilomètres, sans compter les détours pour ravitailler ou faire pipi. Le traîneau du Père Noël se déplace donc a 1170 kilomètres par seconde (3000 fois la vitesse du son). A titre de comparaison, le véhicule le plus rapide fabrique par l'homme, la sonde spatiale Ulysse, se traîne a 49 kilomètres par seconde et un renne moyen peut courir au mieux de sa forme a 27 kilomètres a l'heure. La charge utile du traîneau constitue également un élément intéressant.

En supposant que chaque enfant ne reçoit rien de plus qu'une boite de Lego moyenne (un kilo), le traîneau supporte plus de 500 mille tonnes, sans compter le poids du Père Noël lui-même. Sur Terre, un renne conventionnel ne peut tirer plus de 150 kilos. Même en supposant que le fameux "renne volant" serait dix fois plus performant, le boulot du Père Noël ne pourrait jamais s'accomplir avec 8 ou 9 bestiaux; il lui en faudrait 360 000. Ce qui alourdit la charge utile, abstraction faite du poids du traîneau, de 54 000 tonnes supplémentaires, nous conduisant a bonnement 7 fois le poids du Prince Albert (le bateau, hein, pas le monarque). 600 000 tonnes voyageant a 1170 kilomètres par seconde craint une énorme résistance a l'air. Celle-ci ferait chauffer les rennes, au même titre qu'un engin spatial rentrant dans l'atmosphère terrestre. Les deux rennes en tête de convoi absorberaient chacun une énergie calorifique de 14 300 millions de joules par seconde. En bref, ils flamberaient quasi instantanément, exposant dangereusement les deux rennes suivants. La meute entière de rennes serait complètement vaporisée en 4.26 millièmes de secondes, soit juste le temps pour le Père Noël d'atteindre la cinquième maison de sa tournée.

Pas de quoi s'en faire de toute façon, puisque le Père Noël, en passant de manière fulgurante de zéro a 1170 km/s en un millième de seconde, serait sujet a des accélérations allant jusqu'a 17 500 G's.
Un Père Noël de 125 kilos (ce qui semble ridiculement mince) se retrouverait plaque au fond du traîneau par une force de 2 157 507,5 kilos, écrabouillant instantanément ses os et ses organes et le réduisant a un petit tas de chair rose et tremblotante. C'est pourquoi, si le Père Noël a existe, il est mort maintenant."
Par Clarisse et David
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Lundi 23 mars 2009 1 23 /03 /Mars /2009 02:04
Pour bien commencer une soirée, lorsque l'on vient de raccrocher d'avec Jean-Loup et qu'on a besoin d'amûûr et de romantisme, je conseille à toutes (et à tous, si, si, c'est un film universel) Pride and Prejudice, de la BBC (1995), en 6 épisodes d'une heure - on se fait vite à ce format.
















D'abord, ça a le grand avantage de prendre toute la soirée; ensuite, ça me permet de travailler mon accent anglais XIXe qui a pris un coup dans l'aile;  et puis, franchement, se rincer l'oeil sur Colin Firth et son domaine de Pemberley ("and of all this I could have been mistress"), ça vous remonte le moral, surtout qu'en ce moment je manque de grands espaces. Eh oui, on aura beau dire, j'adore New York, mais au bout d'un mois on se met à rêver de prés, de champs et de petits oiseaux (ici, ils ont du mal à couvrir le bruit des sirènes, et j'entends juste une sorte de gros coucou énervant le matin à 6h, il doit nicher sous ma fenêtre).

Je vous situe la scène: donc à droite, la modeste demeure, et à gauche, le maître des lieux qui regarde d'un air énamouré la belle Elisabeth jouer du piano. J'entends des gens qui se moquent, mais essayez de prendre le même air admiratif/amoureux sans avoir l'air complètement crétin, vous rirez moins. J'ai demandé à David tout à l'heure, il m'a plutôt fait penser à l'écureuil du parc d'hier matin qui ne retrouvait plus la noix qu'il avait enterrée deux minutes avant. ENFIN BREF (je m'égare). Pourquoi cette obsession sur Pride and Prejudice, et pourquoi en faire un post? D'abord,, parce que ça ne date pas d'hier (je vous conseille le livre aussi) mais en plus parce que ça colle parfaitement avec mon week end fait de visites de riches demeures et de belles oeuvres d'art.

D'abord aujourd'hui: le musée de la Merchant's House. Une petite maison très middle class, appartenant à un marchand aisé du début du XIXe siècle (qui l'avait achetée en 1835). Le truc génial, c'est que ce marchand avait des tonnes d'enfants, dont des filles, qui ont vécu dans la maison jusqu'à leur mort. La dernière est morte en 1920 environ, elle n'avait rien changé dans la maison. A l'époque, le mobilier avait déjà 100 ans et quelqu'un a pressenti la valeur historique de la baraque, et l'a achetée pour la transformer en musée.































































La maison est faite sur un modèle assez simple, qui me rappelle notre maison de Hatou (je crypte les lieux au cas où le FBI suivrait ce blog). Il y a deux entrées: la noble, commandée par 6 marches qui partent de la rue et donnent accès à un petit vestibule tapissé de faux marbre; et la pas noble, celle pour les gueux (pouah! Un gueux) qui est en fait semi-enterrée. Le rez-de-chaussée est donc surélevé. On y trouve un salon-salle à manger d'apparat, séparable par une cloison en bois, qui permet de faire attendre les dames et les messieurs qui viennent se rappeler au bon souvenir du maître et de la maîtresse de maison. (Ici, se renseigner sur le système très compliqué pré-téléphonique/email pour savoir si untel est là et s'il y a moyen de se faire une bouffe: venir, déposer sa carte, attendre éventuellement, parler 10 minutes, repartir vers une autre maison).

Au premier, la chambre de madame et celle de monsieur. Elles communiquent, mais pas trop quand même (il y a un sas). Au deuxième, quatre chambres pour les bonnes (irlandaises, elles sont 4, il y a encore leurs sonnettes reliées aux chambres) et les petits n'enfants.
Et la cuisine, me direz vous? Eh ben, elle est au sous-sol, à côté de l'entrée des gueux (parce que ce ne sont pas les maîtres qui doivent se taper les escaliers à monter avec les plats lors des grands repas). Il y a aussi, à cet étage, une petite pièce relax pour se détendre sans cérémonie, en s'amusant avec une bonne broderie (youpi) ou un livre de sermons.

C'est vraiment très chouette de pouvoir entrer dans cette maison et la visiter comme si on venait voir Mr. et Mrs. Tredwell (car c'est leur nom). En plus, le personnel qui s'embête un peu aime beaucoup papoter et expliquer le pourquoi du comment et c'est comme ça que j'ai passé deux heures dans une maison qui ne devrait normalement prendre que 30 minutes maxi à visiter, mais j'ai appris beaucoup de choses.
Le site internet est très bien, d'ailleurs, et on peut voir des vues des pièces à 360° donc je vous mets le lien (on ne sait jamais, d'ici que vous ayez du temps à perdre):
http://merchantshouse.org/virtual/index.html

Ca me changeait d'hier, où j'ai été visiter la Morgan Pierpont Library, sur la 5e avenue.

On y devine une certaine aisance, parce que là, c'est pas du faux marbre, et c'est pas juste le vestibule.
En fait, dans la grande tradition des mécènes américains, ce brave Morgan Pierpont -un banquier-, dans sa modeste chaumière de 40 chambres et 36 salles de bains, s'était fait faire une petite bibliothèque pas piquée des vers avec quelques incunables deci-delà, quelques reliures précieuses dont une reliure copte du VIIe siècle (catholique sans doute), etc.

Et comme les Américains sont comme ça, il a décidé de l'ouvrir au public. On est alors dans le premier quart du XXe siècle. Aujourd'hui, agrandie par l'inévitable Renzo Piano, la bibliothèque abrite en plus trois espaces d'exposition dans un bâtiment tout neuf, l'un dédié aux peintures de maîtres (le vieux avait bon goût), l'autre aux dessins de maître (on ne se refait pas), et le troisième à l'incroyable collection de reliures, depuis l'antiquité jusqu'au XXe siècle, acquises par le sage banquier.

Je me suis fait plaisir dans chacune des expos parce qu'il y en avait pour tous les goûts. Il y avait aussi, en annexe de la salle des dessins, une expo de dessins humoristiques du New Yorker du milieu du XXe siècle. C'était très chouette.
Un petit aperçu de bouts de la collection:





1. Un petit coin de la bibliothèque, avec le Précieux: une des bibles de Gutemberg imprimées sur peau de chacal, non je plaisante, sur vélin, première édition;


































2. Nagawika le petit indien (un aperçu de la collection photographique)


























3. Une nativité de Boucher, que je verrais bien chez nous (collection des dessins)




























4. Et enfin, c'est amusant, ils ont une grosse collection d'estampes originales d'Alice, du THE! Vous reprendrez bien une tasse de thé? Moutarde!






















Sur ce, je vous laisse admirer mes jolies photos et n'oubliez pas de travailler votre Colin Firth attitude

Lizzie
Par Clarisse et David
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Vendredi 20 mars 2009 5 20 /03 /Mars /2009 02:09
Ce titre énigmatique vous donne certainement envie de savoir ce que j'ai bien pu faire de ces journées durant lesquelles je ne vous ai pas écrit... C'est une longue histoire.
Mercredi, c'était le dernier jour de Pierre et Marie. Après un dernier petit tour au Met, nous avons déjeuné ensemble dans la prestigieuse cafeteria du personnel que chacun, ici, rêve de fréquenter. Il faut dire que c'est très bon (comme je l'ai déjà dit trois fois). Incident amusant: au moment de passer à la caisse, Marie a renversé son verre d'eau géant sur son plateau et a laissé échappé un grand éclat de rire qui a fait que, l'après-midi à la bibliothèque, tout le monde m'a demandé qui étaient ces drôles de personnes qui déjeunaient avec moi. Pierre et Marie, si vous me lisez, vous êtes maintenant célèbres!

L'après midi, tandis que mes chers beaux parents se hâtaient vers l'aéroport, je suis allée faire un tour dans le département des armes et armures, aile droite du Moyen-Age, que je n'avais pas encore visité.



Ils avaient belle allure, sacrebleu, ces chevaliers de l'an Mil (mais étaient ils paysans?). Le plus marrant dans la photo, c'est qu'on ne se rend pas compte mais les deux armures de droite et de gauche sont d'une taille tout à fait normale, pour des gars d'environ 1,70m, alors le gros balèze du milieu, je pense qu'il ne fallait pas l'embêter sinon il te filait une baffe de ses doigts joliment gantés de métal et tu étais mort.
L'autre truc marrant, c'est que disposées comme ça, les armures me font penser aux Bioman: force rouge! (à gauche). Force bleue! etc. Sauf que là, c'est force métal pour tout le monde donc pour les distinguer c'est moins pratique. Enfin, mes propos trahissent certainement la néophyte (en ce qui concerne l'art des armures) et on sent bien que j'ai passé de longues heures durant les mercredis des années 80, devant le Club Dorothée. Que celui qui n'a jamais regardé un bioman me jette le premier disque laser.

Dans la salle suivante, on arrive en plein milieu d'un tournoi (ou des armées de Charles Quint partant massacrer celles de François 1er):



Tatinnnnnnn... Ce devait être quand même très impressionnant
; je me suis sentie l'âme d'un paysan désolé devant son champ de carottes piétiné par des gros chevaux comme ça, cuirassés et tout.




Ils n'ont pas le drapeau américain (les pauvres) mais le panache noir le remplace avantageusement.

Le reste de la journée s'est déroulé de manière syllogique et j'ai pu me rendre à la gym pour la deuxième fois de la semaine (je vais devenir une force de la nature).

Le lendemain, un jeudi, j'avais rendez-vous pour le déjeuner avec Nathalie, la femme de Ken, qui travaille dans une sorte de galerie d'art contemporain mais qui héberge les artistes et participe à leurs performances. Nathalie est très intellectuelle de gauche (si l'on peut dire), mais l'on peut dire quand même parce qu'elle est à moitié française et a fait Sciences-Po. Ce fut donc un déjeuner sympathique mais quand même proche de l'entretien d'embauche, car je puis vous dire qu'on n'a pas parlé de la pluie et du beau temps mais d'art et d'engagement. "A quel type de performance, en matière d'art contemporain, attribueriez vous la sémiotique de l'abstraititude néo gothique?" "Mais à tous, chère madame, à tous, j'aime la performance, se dépasser c'est important".

A la fin de notre déjeuner-entretien, elle m'a donné un tas de galeries à aller visiter dans le coin. Je me suis appliquée et j'ai tout fait, mais le problème était que ces galeries se trouvaient dans Soho.. Soho, LE quartier shopping branché de New York.. Argh, j'avoue que j'ai craqué. Au lieu de finir la visite par le musée d'art contemporain (remis à ce week end, ou peut être avec Emmanuel, AH! AH! Tu es fait comme un rat), je me suis remonté Broadway et j'ai fait Pretty Woman en m'achetant de belles chaussures et de belles robes. Je vous laisse admirer (je supprimerai tout commentaire négatif, c'est de la démocratie bien comprise):






Alors vous me direz, ta robe et tes pompes ont un petit air japonais (enfin, c'est ce qu'on trouvait au Japon) et bien justement, la styliste était coréenne, et je n'y peux rien si je me sens l'âme d'un manga (j'en ai déjà les cheveux).
Ne craignez rien, il me reste quand même de quoi payer mon loyer et mes cadeaux de retour (quoique si je n'ai pas assez de commentaires, je vais peut être sucrer les cadeaux au profit d'autres robes..)

Allez, je vous embrasse et vous dis à bientôt.

PS petit jeu: il y a un mot qui n'a aucun sens dans le contexte dans lequel je l'ai employé. le trouverez vous? (si vous me dites: tout, je ferme boutique)
Par Clarisse et David
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Mercredi 18 mars 2009 3 18 /03 /Mars /2009 03:30
Hullo everybody,

How are ye? Terday is St Patricks day et comme vous le savez certainement, amis alcooliques, c'est un peu comme la fête de la bière à Munich, les samedis soirs dans le vieux Lyon ou les 24h de la voile à Trégastel (pour les connaisseurs), Saint Patrick étant le patron des Irlandais et aussi visiblement des débiteurs de boissons.




























Mais c'est aussi, à New York, l'occasion d'une grande parade à mi-chemin entre le défilé du 14 juillet et le festival interceltique de Lorient, c'est dire si l'on rigole.
A cette occasion, rappliquent tous les gens qui de près ou de loin se sentent une affinité avec la bière, les moutons et les taches de rousseur, les redheads sont à l'honneur.
Pour ma part, hasard des temps, il se trouve que j'ai les cheveux roux et comme je n'avais pas manqué d'enfiler mon vêtement vert, j'étais parfaitement à ma place dans le rassemblement:



Ah, non, mille excuses, en fait moi c'était plutôt ça:


Les mains crispées, ce n'est pas pour la prière à Saint Patrick c'est pour tenir l'appareil photo


Irlando-japonaise, donc (on se rappelera que cette ma-gni-fique robe Yumi est de marque japonaise mais achetée à Londres donc on peut dire que c'est proche de l'Irlande), avec un point d'interrogation quant à la nationalité des chats qui ont l'air franchement pas de chez nous. Ceci dit, ce qui compte, c'est que j'étais en vert. J'avais essayé de motiver toute la bibliothèque mais ils ne sont pas très joueurs, surtout en ce moment où les menaces de licenciement pleuvent sur les employés qui savent que d'ici un mois le musée se débarassera de 10% de ses effectifs, crise oblige. Charmante ambiance dans laquelle je m'applique à travailler, au programme d'aujourd'hui: mise en forme de ma feuille de travail sur les bases de données et traitement des livres anciens pour leur destination finale, qui n'est pas le pilon mais la cage à livres, un coin top secret des réserves de la bibliothèque. Comme ça de vilains conservateurs mal intentionnés ne viendront pas dérober les précieux. Parmi eux: un très mignon grand plan de Paris révolutionnaire, avec de petits districts signalés en différentes couleurs; et des guides Michelins des âges farouches, pour le voyageur anglais égaré dans cette sauvage contrée qu'est l'Espagne aux alentours de 1794.

A midi, j'ai déjeuné avec Mike (qui ressemble tout à fait à un irlandais, il a les cheveux bouclés et la barbe rousse). Mike, c'est celui qui a mon âge et a passé du temps à Villefranche. Sans offense pour les lyonnais, mais quand il m'en a parlé il a dit que c'était un "charmant petit village". Du coup je n'ose plus parler des autres villes françaises, style Lorient ou Quimper, en disant que c'est des grosses villes. Mais passons. On s'est pris des sandwiches (mon premier sandwich à la dinde, absolument dégueu à cause du faux pain) et on est sortis voir la parade.












Si c'est pas mignon, ces petits kilts qui flottent au vent..











Férocement encadrés par des flics qui en gros étaient là pour interdire aux gens de s'assoir où que ce soit, et surtout pas sur les marches du Met (pourtant superbe point de vue), nous avons assisté au soleil au défilé de tas de fraternités différentes. Certains avaient une statue de saint Gudule (ce n'est pourtant pas sa fête, à celui là), d'autres des majorettes, et d'autres le classique mais ô combien seyant drapeau américain (qui va avec tout. L'essayer, c'est l'adopter).
C'était sympa, les gens étaient tous en vert, mais PAS EN ORANGE m'avait on prévenue, car on risque de se faire lyncher si on est en orange ce jour là (Saint Patrick avait un problème avec les oranges car c'était dur à manger proprement. Pour une autre explication, voyez Google).



































Et alors le truc marrant, c'est que ça a dû commencer vers 11h, mais quand je suis sortie le soir vers 17h30 ils marchaient toujours! C'est dire le nombre d'Irlandais lâchés dans la rue. Et d'ailleurs, ce soir, c'est la tournée des bars, qui elle aussi devrait durer 10 bonnes heures. Demain matin, il faudra regarder où on marche.

Et sinon, ce soir, Pierre et Marie, qui reprennent l'avion demain, m'ont invitée au restaurant. Nous avons passé ensemble quelques jours, qu'ils ont employés à visiter la ville et ses beaux musées (c'est grâce à eux que j'ai enfin pu visiter le Guggenheim et la Frick collection, je n'arrive jamais à me motiver toute seule) . Si j'ai le courage, je vous ferai un bref compte rendu mais ceux qui les connaissent peuvent leur demander, ils ont des photos!
Pour le restau, on est partis un peu au hasard dans le quartier et on a mis le cap sur un restau Thai avec des petites tables sympas ornées d'une orchidée. Eh ben, l'orchidée, je l'aurais bien mangée et bu son eau aussi parce le Chef avait une évidente prédilection pour le piment fort qui a fait de cette soirée une expérience culinaire proche du Cirque du Soleil. Mais finalement, c'était pas mauvais, et très bien présenté.

Sur ce les amis, je m'en vais cuver ma tisane et penser à tous ces jeunes fous qui sont partis pour les 24h de la bière, les hurlements façon guerre du feu ont déjà commencé. Je les entends. ET je vais sûrement en profiter toute la nuit.
A bientôt pour de nouvelles aventures, yep!

Raclisse O'gadanell
Par Clarisse et David
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Dimanche 15 mars 2009 7 15 /03 /Mars /2009 02:42








Par Clarisse et David
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Samedi 14 mars 2009 6 14 /03 /Mars /2009 03:28


Aujourd'hui vendredi, puisque mon papa est coincé dans l'hexagone, et que ma maman a peur de l'avion, j'ai à la place la visite de Pierre et Marie, les parents de David, qui sont de vrais globe-trotters. Ils vont rester quelques jours, le temps de visiter tous les coins de New York dont j'ai fait la pub sur le blog.

Ils ont donc hérité de l'étrange canapé lit deux places spécial scandinaves (3m de long sur 60 cm de large) et du chat (toujours très intéressé par les étrangers, leurs bagages moelleux où on peut mettre plein de poils, leur oreilles nouvellement charmées par ses miaulements désespérés). Du coup, de la pièce-bureau où j'élabore mon monument littéraire contemporain - au programme du bac 2047 -, j'entends Pierre courser la bête pour l'empêcher d'aller dans les valises/ sur les draps/ sur les oreillers et moi je dis, c'est perdu d'avance. Il faut se résigner, ici, à être couvert de poils blancs et roux. Lançons un style!

Sinon, au boulot, je commence à voir le bout de certains de mes projets. J'ai pratiquement identifié, tant bien que mal, les livres sans dates, j'ai terminé mon catalogage, j'ai fini les galeries suisses et athéniennes, je peaufine mon document sur les bases de données européennes en matière d'Histoire de l'Art, et j'ai fini de passer en revue les périodiques... commençant par A (plus que 25 lettres donc). Comme vous le voyez, il me reste encore des choses à faire, d'autant plus que j'ai la grosse pression puisque je dois faire un cours sur mes bases de données début avril et que Ken, le directeur, veut absolument y assister ainsi que la moitié de la bibliothèque qui a répondu présent(e) au rendez vous donné par Déborah, ma responsable. Peste! Quel challenge.

Deux autres grandes nouvelles vous attendent avant que je n'aille me mettre au lit avec Vanity Fair, mon bouquin d'en ce moment et qui est TROP bien. Enfin un livre à la hauteur de Pride and Prejudice, avec plein de vrais morceaux d'humour anglais dedans!
Mais revenons à nos moutons.
Dans la continuité de la quête d'absolu que j'ai commencée avec David (recherche de la meilleure pizza de New York), je suis allée avec Wendy et Amanda à Brooklyn, très loin du monde civilisé (45 minutes de métro de Manhattan, quand même) chez Di Fara, qui paraît il est le Vatican de la pizza pour les pèlerins de la bouffe et ça a été une vraie expérience.


Alors en fait le monsieur, il a 70 ans et ça fait 50 ans qu'il fait des pizzas. Dans un réduit minuscule, blindé de gens, îlot de fumée dans la nuit froide, nous sommes entrées réclamer une pizza au fromage car elles sont fameuses. En effet, l'homme, qui travaille seul (entouré de sa fille à la caisse et d'une sorte de Quasimodo à la préparation des boules de pâte), utilise de bons produits style mozzarella di buffala, basilic frais, parmesan tout juste râpé, etc. Et du coup, le succès est au rendez-vous, ce qui n'a pas que des avantages vu que notre commande est enregistrée pour dans deux heures. Il est 19h, j'ai faim depuis l'heure du goûter, je me vois mal passer deux heures à errer de nuit dans le quartier juif de Brooklyn un vendredi soir (= quartier mort, c'est sabbat). Tout est fermé, et ils n'ouvriront pas pour nous, même si on leur donne deux sabats la semaine prochaine (on voit bien que Monsieur n'est pas au courant). Quelle agonie! Et en plus on ne peut pas rentrer à Manhattan car on a quand même fait une heure de trajet pour venir ici, alors hein quand même.
Heureusement, le Dieu de la Pizza intervient sous la forme d'un type qui annule sa calzone et nous la raflons sous le regard haineux des autres clients affamés, plus quelques parts de pizza au fromage pour l'équilibre alimentaire. Le tout est dévoré extrêmement salement, debout autour d'une table minuscule (c'est la guerre des places). Le verdict: c'était très bon, mais je reste sceptique sur la calzone qui est remplie d'un étrange mélange qui fait un peu penser au contenu du soufflé et qui me plait moins que les parts de pizza normale au fromage. Et je vous communique le classement officiel de la pizza New-Yorkaise élaboré au prix de douloureuses digestions:
1. Lombardi's (Soho-Little Italy)
2. John's Pizza (West Village)
3. Di Fara (Brooklyn)
4. Water Street (Financial District)
Plus toutes les autres prises dans des delis à la part. Comme ça vous saurez quand vous viendrez.



Tout cela est passionnant mais j'ai comme l'intuition que tout le monde ne pourra pas venir et donc je change de sujet. J'ai une amie, appelons la Anne Honyme ou Lucie Tronnade (vous me direz ce que vous préférez), qui est exceptionnellement douée et fait de très beaux dessins/ caricatures qui rendent les miens tout pourris mais comme ma grandeur d'âme n'a pas de limite, je vous mets quand même le lien vers son blog que vous trouverez à gauche de l'article, sous la rubrique "liens" (j'ai l'air condescendante comme ça mais je sais pertinemment qu'une grande partie d'entre vous a un gros poil dans ses deux mains gauches en matière de navigation Internet). Comme ça vous pourrez connaître les aventures de Chose, qui souhaite rester inconnue car sa modestie n'a d'égale que sa beauté.

Sur ce je vous laisse et vous dis à bientôt

Raclisse



Par Clarisse et David
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